Tu sais, ça, c'est comme le cheval, ou le vélo, quand tu tombes il faut remonter, direct. Alors je suis remontée, sur un vélo avec des petites roues, pas parfaitement stables, la preuve j'ai failli m'recasser la gueule, encore un peu dangereux, mais doucement je retombe dans le vice, ce vice, le mien. Parce que si elles n'avaient pas été là, je serais sûrement dans un sale état, lamentable. J'ai senti mon âme partir, sans déc, ouais je sais c'était juste mon cerveau qui s'éteignait, j'étais plongée dans le noir, et j'entendais leur voix au dessus d'moi, allongée par terre, en pleine étude, ma tête taper sur le carrelage, j'étais à moitié inerte, au bord de l'inconscient, dans une bulle tellement irréel que ma mort aurait était un rêve, sans douleurs. Et elle m'a sauvé la vie. Première intervention.
j'en ai ris, je ne réalisais pas, je ne voulais pas être la fragile, mais ça avait créé un malaise en moi, et la seule pensée qui m'ai traversé l'esprit a été "Tiens l'coup, reste forte, bordel " pour tes frères, pour tes parents, pour eux, et parce que jamais je ne cesserais de vivre, si si. C'était un "malaise" anodin, et révélateur. Devant le Paradis, ma première porte. Enfin.
Le vent n'a plus la même caresse, le froid la même intensité, ça vous prend aux tripes, avoir envie de pleurer et de remercier la Terre entière. De dire; J'ai existé, Je vis . Renouveau, j'avais déjà la vision du monde faussée, j'ai pensé à plus dramatique; poétique, appelez ça comme vous voulez. Je m'étais dit en regardant le ciel, Il fait complètement nuit, et le jour est mort pour la dernière fois. En y pensant, j'ai vu l'univers entier comme un symbole des émotions de l'âme. Écrasante presque étouffante; mais tellement fascinant. Pleurs car tu ne connais pas le bonheur de vivre, et toutes la criminalité de ces étoiles, cherchant à emprisonner ton esprit limité, tu ne l'imagines pas, tu ne peux pas; et il le sait. Se dire que l'on est rien, que l'on ne vis que pour nous, que tu es seule, aussi seule que moi, que ce plafond qui te contemple est le seul être en qui tu crois, parce que personne ne se souviendra de toi, comme personne ne se souviens d'eux, comme j'arrive à exister sans Elle, et qu'au fond il y a tant à ressentir, dans ce corps inexploré, parce que pendant que tu vis sans t'en rendre compte, moi je compte les heures, qui m'éloigne peu à peu de vous, ce mal -être qui m'a observé pendant ces longues années, cette faible lueur qui fait vibrer la plus moindre de mes cellules, écoutes encore mon coeur battre, regarde mes tempes bouger, mon âme en peine coulant dans mes veines, chaque battement, chaque seconde me rapproche d'Elle, abstraite, je suis invincible; je voudrais danser sous la pluie, m'endormir, seule, face à l'infini. Je voudrais que tout recommence, courir encore nue avec Elle, dormir au creux de ces bras a l'autre, tu mens, toujours, parce que à mes pourquoi, cette vie je te l'offrirais, mon corps à ton âme, pour que tu puisse rire encore, que le soleil réchauffe tes mains froides, que tes pommettes reprennent couleurs, sentir ton parfum empoigner mon coeur, je suis une lâche, et je n'aurais jamais le courage de te rejoindre, ce soir ton ombre tourne autour de moi, et la haine me ronge, me détruit, culpabilité plus violente, cette scène, me torture; ton dernier regard, tes derniers mots, ton dernier souffle. Ta dernière pensée, tournée vers lui, mon amour. Arraché. Tes cheveux d'or, vain de toute forme de vie, je ne suis pas venu; tu me haïssais. Mon Coeur.